Rideaux sur mesure et Tissus de Qualité

BATISTE



Connaître les tissus : BATISTE

La Batiste est une fine toile de lin très appréciée tout au long des siècles. L'utilisation de la fibre de lin (la cretonne peut aussi contenir du lin) pour la fabrication de toile remonte, en Europe du nord, à l'époque néolithique : le tissage de la toile de lin est probablement antérieur à la conquête romaine dans le Cambrésis. C'est au début du XIIIe siècle qu'un tisserand appelé Baptiste Cambray mit au point un procédé de tissage qui permettait de réaliser une toile plus fine. Le succès des toiles du Cambrésis dépassa ses frontières. L'Italie et l'Espagne en étaient notamment des grands consommateurs. La toile s'exportait également vers la Flandre, les Pays-Bas, l'Angleterre et la France. A la fin du XVIe siècle, le roi Henri IV autorisait annuellement l'entrée en France de 10 000 « toilettes de Cambray ». Le commerce du textile se développant, d'autres villes se mirent à produire de la batiste, comme Valenciennes, Douai, Saint-Quentin ou encore Bapaume.

Autres détails concernant ce tissu.
Les effets de mode, l'apparition de nouveaux tissus notamment le coton, puis la mécanisation entraînèrent une baisse de la fabrication. Sous le premier Empire, 350 000 pièces de batiste étaient fabriquées en Cambrésis. À partir de la Restauration, la production ne cessa de diminuer et en 1844 moins de 90 000 pièces furent fabriquées. A la fin du XIXe siècle, la fabrication de la batiste en Cambrésis avait pratiquement disparu et la Première Guerre mondiale porta le coup de grâce à cette activité.
Le lin utilisé pour la fabrication était produit dans le Cambrésis et l'Ostrevent. Récolté en juillet, on le faisait tremper pendant plusieurs semaines de façon à en extraire facilement le fil. Le filage était réputé pour sa perfection et garanti par les conditions particulières d'humidité et de température des caves où s'effectuait le tissage. Le Cambrésis occupa des milliers de tisserands (les mulquiniers). La corporation des mulquiniers représentait au Moyen-âge l'un des quatre principaux métiers de la ville de Cambrai. Les ouvriers de la région appelaient cette toile le linon ou encore la toilette. On trouve ainsi de nombreux marchands de toilette au fil des registres paroissiaux de cette région.
Un règlement détaillé régissait la fabrication de la batiste et précisait comment les marchands de toilettes pouvaient les acheter, les vendre et les transporter. Les dimensions réglementaires des pièces de batiste étaient vérifiées au début du XVIe siècle par deux échevins qui examinaient les toiles avant leur blanchissage. Selon une ordonnance royale de 1461 le métier ne devait pas dépasser 1,10 mètres en largeur, et la pièce 15 mètres en longueur. Une fois terminée la pièce était blanchie : les blanchisseurs ne pouvaient traiter aucune toile non réglementaire, la pièce enfin était pliée réglementairement par le ployeur officiel avant d'être vendue.


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